mardi 14 décembre 2010

Peace, love, and Fistful of Mercy

Ce dimanche 5 décembre, c’était à la Cigale qu’il fallait être pour prendre de bonnes vibes en pleine tête ! Si vous n’y étiez pas, vous avez manqué un trio détonnant composé de Joseph Arthur, un touche-à-tout comptant pas moins de 14 ans d’une carrière atypique, de Dhani Harrison, fils du Beatle du même patronyme et digne héritier de son père et, enfin, de Ben Harper que l’on ne présente plus. Cette réunion, véritable bouillon de talents, se fait également appeler Fistful of Mercy. Il n’y en aura pas pour tout le monde.

Il sont donc trois sur le papier mais, sur scène, on en compte quatre : la violoniste Jessy Greene les rejoint en effet, pour près d’1h45 de concert, telle un satellite néanmoins indispensable à la mise en orbite du son du groupe. Et c’est véritablement un voyage que ce quatuor nous offre là.
Les trois gars sont assis sur leur tabouret, face public. Arthur et Harper portent la chemise et le chapeau, arborant un look cowboy, quant à Harrison, il a également sorti la chemise mais, exhibant sa longue chevelure noire, il jouerait plutôt l’indien… Des airs de saloon, donc, viennent envahir la scène de la cigale et gagnent vite les rangs du public. La musique s’échappant de ce beau tableau vient en effet s’y accorder sans fausse note. Nous assistons alors, morceau après morceau, à une impressionnante danse des instruments, les trois guitaristes n’ont de cesse d’alterner les guitares quand ce n’est pas pour se mettre au piano (Harrison), aux percu’ (Arthur) ou à la basse (Harper). Ben Harper, fidèle à lui même, ne tarde pas à empoigner sa redoutable Weissenborn (guitare acoustique se jouant à plat sur les genoux). Le son si particulier qui s’en libère est ici, d’un à propos absolu et vient, pourtant, bouleverser le paysage sonore comme pour la première fois, et ça, à chaque coup. Quant à la demoiselle gravitant autour des trois lurons, brune ténébreuse flanquée d’un violon endiablé, elle sublime tout simplement le décor ainsi planté. Le tout donne naissance à une musique indéfinissable qui se trouve aux croisées de la Folk, la pop, du bluegrass et du rock, quelque part, hors du temps.

Mais il y a autre chose encore qui nous transporte bien loin de notre quotidien - voire de notre quotidien de live : sur scène, tout est simple, pas de lubie quelconque, ici pas de manière. L’alchimie entre ces trois là est indiscutable et l’ambiance bon enfant qui en émane rayonne sur la salle entière. Ils blablatent, ils se vannent et se marrent, en réalité, les mecs se font un trip musique, entre potes, et on est bien content d’être de la partie.
Mais avec les neufs titres de leur album, ils étaient quand même un peu courts ces bougres, pour satisfaire une Cigale pleine à craquer… C'est qu'ils avaient plus d’un tour dans leurs chapeaux ! Ils ont effectivement étoffé leur set list en interprétant, ensemble, quelques morceaux appartenant au répertoire de chacun mais aussi en reprenant, notamment, Bob Dylan et PJ Harvey.

Du début à la fin, la soirée fut gorgée d’une authenticité éclatante, elle-même portée par cette espèce de force tranquille, que dégageait l’équipe de joyeux drilles.
Juste avant de partir, ils se font prendre en photo par un des roadies, dos au public. Sur ce tableau final, qu’ils ont voulu immortaliser, on les imagine, non pas devant le public mais bien, avec lui. C’est en tout cas sur ce sentiment de partage, quasi fraternel, qu’ils quittent la scène, empoignant quelques mains et signant quelques autographes.

mercredi 24 novembre 2010

Runaway, de Kanye West

Au début du mois d’octobre, Kanye West présentait son super clip « Runaway » au monde entier, objet promotionnel de l’album du même titre. Il est, depuis quelques semaines, accessible dans sa totalité sur le net… Si vous l’avez manqué, fuyez, il est encore temps !

Le dernier à avoir fait sensation avec un clip dépassant largement les trente minutes se nommait Michael Jackson (Ghosts, 39'31 minutes, 1997). Kanye n’a pas eu peur de la comparaison, pour entrer dans la cour des grands, il n’y pas mieux que de suivre la voie tracée par eux. Ça se tient. Mais Kanye n’a malheureusement pas su s’en tenir là et a voulu surpasser le maître, en prenant lui-même la caméra, chose que, pour « Ghosts », le roi de la pop avait confiée au spécialiste des effets spéciaux, Stan Winston (Jurassic Park). A l’inverse, le rappeur ambitieux a voulu tout faire tout seul, ou presque, et, à l’expert du clip de Rap et R’n’B, Hype Williams, il n’a laissé que l’écriture du scenario.



En bref, le chevalier Kanye sur sa monture rutilante, roule à travers bois, sous la lumière d’un ciel de feu, quand soudain, ce qui ressemblait à une météorite dans sa chute, atterrit dans une explosion flamboyante, pile au pied de son bolide qui freine super bien. Au milieu des décombres, se trouve une femme-phoenix, loin d’être en cendre mais inconsciente, qu’il emporte chez lui. Une fois l’être à plume réveillé, Maître Kanye lui explique les choses de la vie : “First rule in this world baby, don’t pay attention to anything you see in the news”. Ça, c’est fait. Du coup, après lui avoir fait un peu remuer des plumes, il l’emmène au dehors pour assister à un défilé et à un feu d’artifices, donnés en l’honneur d’un Michael Jackson gonflable.
Ensuite, telle une pretty woman ailée, la femme-phœnix tente vaguement d’apprendre à se servir d’un verre, se préparant à la scène du banquet qui suit. Dans une ambiance guindée un max, après un ballet pseudo classique, ayant pour tout orchestre, le grand Kanye West au piano, les festivités tourneront court quand, devant la créature, on posera le plat d’une belle dinde pas encore plumée. Entre temps, avec son regard insistant et faussement pensif, l’irréprochable Kanye est apparemment tombé amoureux. Le hic : elle souhaite retourner dans son monde et pour cela, en bon phœnix qui se respecte, elle doit brûler. Kanye s’y oppose naïvement et sans tomber d’accord, ils se réconcilient sur l’oreiller. Il ignore que cela sera la première et dernière fois qu’il pourra batifoler avec la dame-oiseau : au réveil, elle sera partie, en route pour sa résurrection…

Alors, tout cela est bien joli mais, à vrai dire, on s’ennuie ferme ! Dès ses premières minutes, le clip suinte la mégalo et dégouline de clichés. Lumière de coucher de soleil, grosse cylindrée, images au ralenti, cela n’annonçait rien de bon. Pendant ce temps la bande-son défile, fade, sans être mise en scène. Tout ça pour voir quelques daims vaquant à leurs occupations forestières et un type qui roule dans sa caisse, en bref, pas grand-chose, et pendant 2’20 minutes c’est long. La phase suivante ne nous soulage guère : silhouette d’homme héroïque incarnée par Kanye himself, sauvant un être à bout de bras, sur fond d’explosion, le tout au ralenti. Ici, il ne s’agit plus d’avoir mis le pied à l’étrier mais, plutôt, au beau milieu du plat. La représentation des personnages, on le voit plus tard, est effectivement très simpliste : elle, mi femme, mi plumes, se retrouve à terre, à moitié nue, apeurée et filmée de haut, lorsque Kanye, bien sapé, filmé en contre-plongée, semble tout puissant (c’est lui qui a la télécommande !) et se désigne comme son guide dans cette société de faux-semblant où lui seul détient la vérité. Moi Tarzan, toi Jane, quoi.
Au bout de six minutes, l’être pur et innocent a vite fait d’envoyer valser son image de sainte nitouche (faut pas déconner non plus, tous les potes de Kanye vont le voir, ce clip !) et, sous la beat box de Kanye, ébroue une anatomie que l’on a pleinement le loisir d’apprécier vue la longueur des plans serrés. La « be-atch », incontournable personnage du clip de RnB de base est donc bien là, les codes sont respectés.
Quant aux transitions entre les scènes, c’est simple, elles sont soit inexistantes, uniquement matérialisées par des noirs écran, soit incompréhensibles, ce qui, dans ce cas, revient à peu près au même. Résultat : les différentes scènes se suivent, sans s’imbriquer, et lorsque les scènes elles-mêmes n’ont aucun sens, le vide est alors presque palpable.
La scène du feu d’artifices est particulièrement désespérante, tant au niveau du fond que de la forme : utilisation abusive du ralenti, images du feu d’artifices superposées en transparence sur les mines réjouies des protagonistes – le plus souvent en même temps, mélange injustifié d’images symboliques (M.Jackson, Ku Klux Klan). L’explosion au ralenti est en réalité un leitmotiv qui hante le déroulement du clip et qui finit par devenir une métaphore orgasmique. D’une facilité incontestable, cette image est, au final, surtout très lassante.
La seule scène qui pourrait présenter un intérêt est celle du ballet classique donné dans ce qui ressemble davantage à un hangar désaffecté qu’à une salle de bal, le contraste est intrigant. Malheureusement, une bonne idée ne suffit pas, et si la chorégraphie mise en place durant les sept premières minutes est remarquable, pour ce qu’elle mêle de dureté du style classique à la gaucherie de l’être naissant, où le rassemblement de tutus rappelle fortement un nid d’oiseaux, la suite, abandonnant la naïve maladresse au profit de remuements de fesses plus dignes d’un dance-floor que d’un ballet, finit par sombrer dans la trivialité.

En résumé, le méga-clip Runaway, privé de réels dialogues, est doté d’une intrigue à laquelle il n’a pas été attribué une importance suffisante. Racontant à peine une histoire, l’image reste, en effet, un prétexte à la bande-son. Pour reprendre la comparaison avec Michael Jackson, si pour entrer dans la cour des grands, il n’y pas mieux que de suivre la voie tracée par eux, Kanye West pratique ici un dangereux hors-piste !
Avec la réalisation de ce court-métrage, on sent qu’il a souhaité taper plus haut que ses congénères rappeurs. Cependant, il n’a fait que transposer les codes du clip de rap dans un contexte intellectualisant ; de la poudre aux yeux qui lui fait affirmer avoir su rester « créatif malgré la célébrité ».
Pour ma part, j’ai particulièrement apprécié entendre le dernier morceau du clip, en revanche, je ne saurais dire si c’est par goût ou si c’est parce que, tout comme le phoenix, à ce moment-là, je fus libérée des griffes suffisantes de Kanye.
Runaway n’est pas un titre, c’est un avertissement.



lundi 15 novembre 2010

Pony Pony Run Run au Zénith de Paris

Vendredi dernier, on avait hâte de voir ce que pouvait donner le groupe électro français dont le nom courait sur toutes les bouches, depuis leur récompense, aux Victoires de la Musique 2010. Une fois devant, la seule hâte que l’on a éprouvée était celle de partir. Heureusement, les premières parties « The Popopopops » et « Tahiti 80 » nous ont évité un vendredi soir totalement ruiné.

Véritable révélation de la soirée, les Popopopops, bretons anglophone dont la moyenne d’âge dépassait difficilement la vingtaine, ont, avec leur pop électro, débordé d’une énergie à faire pâlir les groupes de BoBo trentenaires qui allaient prendre la suite !
Vingt minutes plus tard, ils laissaient place aux Tahiti 80, les aînés de la soirée, qui électrisent les scènes du monde entier depuis le succès de leur album Fosbury, en 2005. Beaux joueurs, ils sont venus faire la première partie des jeunots Pony Pony Run Run. Toujours aussi frais pourtant, ils en ont profité pour nous jouer trois nouveaux morceaux présents sur le mini-album qu’ils viennent de sortir, « Solitary Bizness », ils ont bien fait. Le live leur donne une sensualité un peu sombre, moins présente sur la version studio. Après une bonne demi-heure d’un jeu emballé et spontané, ils quittent la scène en n’oubliant pas de se présenter à la foule adolescente amassée devant eux. Encore une initiative avisée.

Tahiti 80 au Zenith from :Davi:Dine on Vimeo.

Après s’être fait longuement désirer, les Pony Pony Run Run font leur entrée sous un dispositif de lumières sophistiqué et efficace. Mais les premières notes nous indiquent que la qualité du son sera nettement moins réjouissante. La balance est terne, sans subtilité : la voix, les instruments, tout est dans le même panier. On remarque simultanément que le chanteur porte des lunettes de soleil. Non, ce n’est pas comme ça, juste pour le fun, sur le premier morceau : il ne les quittera jamais de tout le concert ni même ne jouera avec. Avait-il besoin d’une barrière entre lui et le public ? Ce mystère n’a aucun charme.
Pour le premier titre du set, un des musiciens du groupe Saycet a été invité à monter sur scène. Ce qui aurait pu être, ici, un moment d’échange entre musiciens d’horizons divers, n’a servi à rien. Au final, Pony Pony Run Run passent pour de grands seigneurs et le guest, présenté seulement à la fin de sa performance, pour le type qui a gagné un concours lui permettant de jouer à leur côté ! En bref, les prémices du concert manquent cruellement de simplicité et contrastent nettement avec le naturel des groupes précédents. Mais le pire était encore à venir…

Le chanteur n’a de cesse de jouer avec le public comme il le ferait avec de stupides marionnettes : levez les mains, faites ci, faites ça, allongez-vous, ce à quoi on entend répondre un « oh les relou ». A la fin le boute-en-train de service nous exhortera alors à danser, mais mieux que la dernière fois où il l’avait déjà demandé… C’est alors clair comme de l’eau de roche : même pour animer un camping, le brave garçon aurait été très mauvais. Apparemment le naïf n’a pas saisi que, lors d’un concert, le public bouge quoi qu’il arrive, du moment qu’il apprécie ce qu’il voit sur scène. S’il ne le fait pas de lui même, le calcul est vite fait.
Clou du spectacle, on aura même droit à une spéciale dédicace, aux ingés, aux amis, à la famille, avec tous les prénoms ; bref, on se serait cru sur le plateau du Juste Prix, manquait plus que Philipe Risoli. Donc, on l’aura compris, pour ce qui est de faire autre chose que de chanter devant un micro, le jeune homme a encore bien du boulot.


Mis à part ces quelques désagréments, la prestation musicale du groupe en général, tendait plutôt vers le… « bof, sans plus ». À aucun moment on ne se sent emporté ailleurs qu’à la reproduction, en live, d’un album qui sonne d’ailleurs bien mieux dans notre salon. En réalité, la tension présente dans les morceaux originaux a totalement disparue, le concert est à plat. À deux moments distincts (début et fin), ils parviennent pourtant à faire ressembler le zénith à un dance-floor. On se demande s’ils n’auraient pas dû suivre cette voie plutôt que d’osciller entre cette euro-dance et une électro-pop plus soft. Cette hésitation a sans doute participé, tout comme leur balance, à rendre l’ensemble parfaitement tiède.

Il y a fort à parier que si tous les (très) jeunes gens qui composaient leur public n’étaient pas venus là, dans la ferme intention de s’amuser quoi qu’il arrive, cela aurait été un véritable carnage… Mais cela, on ne le saura jamais et toujours est-il que, quelle qu’en soit la raison, nombreux étaient ceux qui affichaient un large sourire.
Pour ma part, j’ai failli partir avant le rappel (au bout d’une heure, à peine). C’est l’espoir du mieux qui m’a fait rester. Pas assez convaincu, je partais, boudant le second, comme pas mal de ces visages précédemment souriants, d’ailleurs.
Ceci n’aura pas empêché un de leur titre de se glisser dans ma tête, toute la journée du lendemain… Mais Pony Pony Run Run en live, on ne m’y reprendra pas de sitôt.

dimanche 24 octobre 2010

Kebous et Agora Fidelio aux Trois Baudets

Le 6 octobre dernier, les groupes Kebous et Agora Fidelio occupent la petite et non moins somptueuse scène des Trois Baudets, dans le 18ème arrondissement de Paris. Les deux formations rock, l’une bordelaise, l’autre toulousaine, laissent exhaler, en français, leurs confidences douces-amères sur les expériences de la vie. La salle est comble.

Dès les premières notes jouées par Kebous, une chose est sûre, la qualité du son est indiscutable, la balance parfaite. Cela nous permet d’apprécier plus que décemment un voyage musical qu’il aurait été dommage de manquer. Car, si la voix du chanteur et son phrasé nous maintiennent dans un univers homogène, les compositions sont marbrées de sonorités aux destinations multiples. La présence d’une violoniste, se travestissant parfois en bassiste selon l’écriture, y est pour beaucoup. La polyvalence semble être d’ailleurs de mise, dans le groupe, puisque le batteur s’affaire également autour des machines.
Kebous nous livre ici un ensemble puissant et profond à la fois, en passant par des associations étonnantes, tel que le trio batterie, guitare, violon qui s’avère détonnant et pourtant, si bien inspiré. Le concert s’entrelace savamment de musiques rock, classique, folk et parfois même, trip hop. Sur toute la prestation, seul un morceau semble abuser du mix-up et se perd dans l’excès d’effets, mais on ne leur jettera pas la pierre, ils sont allés au bout de l’expérience. Pour finir, malgré des textes et une ambiance souvent sombres, le chanteur parvient à partager le plaisir qu’il éprouve avec le public ; ce dernier est charmé.

Après une petite heure de Kebous et quelques arrangements plus tard, c’est au tour d’Agora Fidelio de monter sur scène pour nous causer. Mais, dès le début, c’est une drôle de posture que le chanteur adopte pour y parvenir. Il semble en effet qu’il se plaise à nous montrer son dos. Un choix plutôt déstabilisant pour un public non averti. Soudés à un style rock, plutôt power que pop, le contenu de ses lamentations tantôt résignées tantôt écorchées, tantôt murmurées tantôt expectorées, est malheureusement trop souvent inintelligible.
Par ailleurs, l’énergie déployée par les membres du groupe est palpable mais malgré tant d’intensité, il semble qu’elle n’aille pas au delà de la scène, comme si tout ce qui y était donné par les musiciens, l’était pour eux même. À la fin du concert, après avoir atteint ce qui semble être l’apogée émotionnel d’un morceau, l’interprète se penche et s’abandonne alors, non vers nous, mais vers ses pairs. A la sortie, il nous reste comme un arrière-goût, celui d’un groupe tourné sur lui-même, trop pour laisser entrer le public dans son univers. Le passant, non fidèle de la première heure, n’est pas touché, il ne s’est jamais senti concerné.

La petite salle des Trois Baudets, aussi belle soit-elle avait tout de même quelque chose d’inhabituel pour qui allait accueillir du rock : une fois passée la porte, cet “on ne sait quoi” nous pousse inconsciemment à chuchoter pour parler à notre voisin. La superficie et le rouge velours nous contraignent, en effet, à une ambiance empesée qui aura du mal à se faire détrôner. Tout compte fait, ces conditions intimistes inattendues sont des plus appropriées au jeu de la confidence, cependant lorsque certains ne s’y prête qu’à moitié, cela ne pardonne pas… Au final, la sincérité de Kebous l’a emporté, là où la grandiloquence d’Agora Fidelio a échoué.

www.myspace.com/kebous
www.myspace.com/agorafidelio

mercredi 6 octobre 2010

Hal Flavin, Ed-Äke et Opium Baby à l’International

Hal Flavin, Ed-Ake et Opium Baby composaient la French Pop Mission du 13 septembre dernier, à l’International. Du lourd, au sens propre, comme au figuré…

La soirée commence très fort avec Hal Flavin, groupe luxembourgeois qui, loin d’avoir l’énergie dans sa poche, aurait pu enflammer une salle autrement plus grande que celle de l’International. Qu’à cela ne tienne, les décharges électriques nous provenant de la scène sont d’autant plus puissantes. Leur électro rock, distillée via un trio talentueux (guitare, basse, sound system/chant) et fusionnel, flirte avec une trip hop tantôt lancinante, tantôt épileptique. À cela, s’ajoute un jeu de scène simple, efficace et diablement synchro. Il n’y avait pas meilleurs ingrédients pour chauffer la salle !

C’est Ed-Äke qui reprend le flambeau. Celui-ci prend alors des allures de feu de cheminée, d’ailleurs on entendrait presque le bois craquer… Avec leur son plutôt folk que rock - du moins ce soir - l’ambiance change tranquillement de ton. À cheveux ou à chapeau et même parfois les deux, les cinq musiciens diffusent un set carré, de qualité, qui fonctionne. Seul hic : les fameux cheveux, dissimulant trop souvent les yeux du chanteur, entravent la circulation des émotions avec le public. Et si on finit par remarquer, qu’en réalité, pas un sur scène ne semble heureux d’être là, le désamour n’est plus très loin… à moins d’être convaincu qu’ils tiennent là un sacré style.

C’est le groupe pop rock Opium Baby qui s’occupe des braises encore incandescentes et qui tentera, avec difficultés, d’en libérer quelques flammes. Grisé par la fraiche sortie de leur premier album, chaque geste, chaque regard sonne malheureusement faux. L’exaltation du bassiste s’apparente davantage à une surchauffe, quant à l’attitude du chanteur, on ne peut pas dire qu’elle respire le naturel, c'en est tout simplement ridicule. Par chance, le guitariste, lui, n’en fait pas trop, un soulagement parmi la mascarade. Côté set list, le morceau le plus ardent « Cast the Dice » est joué en avant dernier, précédant une ballade, un peu frustrant.

Une fois encore, la French Pop Mission nous a donc offert, ce soir là, un triptyque aux styles pour le moins éclectiques. Le plus grand nombre aura pu y trouver de quoi échauffer oreilles et mirettes, de quoi bouillir de plaisir mais, parfois aussi, d’agacement.


http://www.myspace.com/halflavin
http://www.myspace.com/edake
http://www.myspace.com/opiumbabyfrance

mercredi 22 septembre 2010

Des rossignols à l’Olympia

Dimanche 12 septembre, un petit groupe sympa, les Nightingales, jouait une pop fraîche et innocente sur la scène de… l’Olympia. Waouh, c’est grand ! Oui. Trop grand. La salle prestigieuse, remplie seulement au quart de sa capacité, en paraissait presque triste. Malgré cela, le public, aussi mince soit-il, semblait heureux d’être là, agitant cheveux ou briquet, selon la cadence…

Alternant rythmes funky jazzy qui font taper du pied, et ballades pop, idéales en fonds de ruptures adolescentes, en passant par le rockabilly d’Elvis, efficace à tout jamais, les Nightingales volettent vers le haut de l’easy-listening. En revanche, côté présence scénique, ils devraient sans doute y aller un peu moins easy… 

On a compris, ils sont plutôt ambiance proprette et bon enfant que grunge et punk, on n’a rien contre. Mais ce n’est pas pour cela que le concert doit ressembler à quelque chose avalisé par feu La Chance aux Chansons ! Mais pourquoi se tournent-ils donc les pouces lorsque l’un d’eux pousse un solo ? Les voilà, sur le devant de la scène, qui regardent avec contentement, bras ballants, ce qu’il se trame sous la lumière du projecteur… Misère ! 


Et puisqu’on en vient à parler des solos… Quitte à se la jouer mégalo, autant s’y donner à fond ! Quel dommage ce guitariste qui se cantonne à son coin de scène lorsque c’est son moment, un peu comme s’il jouait Purple Rain tout seul dans sa chambre, s’imaginant devant un public… Mais qu’il ouvre les yeux, on est là, on est bien là ! Du côté du piano, en revanche, le solo a du corps, cela grâce à un musicien qui profite de l’instant, qui nous communique sa joie par un franc sourire et par une bougeotte qui met la pêche. 

Au bout d’un moment, on se dit tout de même qu’il manque un truc. Ah oui, des chœurs peut-être… Comme par magie, le groupe « Vocal Song » - comme ils nous l’ont présenté ensuite – déboule sur scène. C’est une bonne vingtaine de costumes noirs à cravate blanche pour les hommes, à foulard blanc pour les femmes, qui s’évertue à chanter derrière un nombre de micros insuffisant. Au final, si cette chorale familiale (allez, avouez !) remplit physiquement la scène, on ne peut pas vraiment lui reconnaitre d’autre effet…

Enfin, le chanteur des Nightingales a eu le mérite de vouloir créer un échange avec le public, cependant cela aurait été mieux ressenti s’il n’avait pas regardé ses pieds au moment où il s’adressait à celui-ci ! Heureusement pour lui, le bassiste qui maitrisait un peu mieux cet aspect relationnel, l’a sauvé d’un beau blanc durant un incident de câble !

Pour cette fois, on peut dire que les Nightingales ont eu, comme qui dirait, les yeux plus gros que le ventre en s’attaquant à l’Olympia… Pourtant, leur son rafraîchissant, tel un soda qui pétille, est de bien bon aloi en cette lourde rentrée, il n’y manque plus qu’un peu de pratique et un choix de scènes plus approprié !

http://www.myspace.com/lesnightingales
http://www.thenightingales.fr/

dimanche 25 juillet 2010

Keziah Jones, en free show à l’International : on y était !

En ce dimanche 18 juillet, la petite salle de l’International créait l’événement parisien de l’été, en accueillant l’ambassadeur du Blufunk : j’ai nommé Keziah Jones ! Dans le cadre de la sixième édition des SöUP SESSIONS, l’entrée était gratuite mais limitée, et beaucoup sont restés dehors, rêvant du petit bracelet en papier ouvrant les portes de ce musical place to be…

Introduit d’abord par un groupe d’ados pop-rockeurs, répondant au doux nom d’Hepatite X, ayant autant d’affinités avec le blufunk qu’un cheveu en a avec la soupe, puis par le chanteur nigérian Kuku, auteur-compositeur d’une soul africaine aux ballades envoutantes, Keziah Jones invite en fait ses amis (et les protégés de ses amis) à faire la première partie. Quelque part, on est en famille, ça se sent et l’ambiance prend de l’avance… 


Avant d’arriver, il nous fait mariner dans notre moiteur quelques bonnes dizaines de minutes encore, la température grimpe de plus belle. Lorsque Keziah Jones, alias « Captain Rugged », pose enfin le pied sur scène, tout le monde est en nage, prêt à sauter dans le grand bain de cocottes funky qu’il va nous faire couler. Lui-même ôte son tee-shirt au bout de quelques morceaux, exhortant le public masculin à faire de même – ça en revanche, on s’en serait bien passé… La salle a si chaud que même les murs transpirent. Je vous laisse imaginer l’état de la foule !


Mais ce soir, le public semble capable de subir le pire, le jeu en vaut la chandelle : devant nous, en avant-première mondiale, se reforme le band ayant fait naître le Blufunk, il y a quelques décennies, à savoir Richie Stevens à la batterie, Phil ‘Soul’ Sewell à la basse et Keziah Jones au chant et à la guitare. La recette fonctionne et la mayonnaise monte avec une décontraction et un naturel des plus grisants. Entre les morceaux peu connus, aux fins parfois tronquées, les rires complices, et les discours souvent prononcés en anglais, parfois en français, par Keziah Jones, le concert prend plutôt des airs de gig entre potes que de show officiel, un vrai moment d’exception. On a tout de même droit au fameux “Rhythm is Love” toujours si efficace et au titre “Beautiful Emilie”, dernier gros succès du chanteur.

Après une bonne heure de réjouissances, le Captain’ ne reviendra pas aux côtés de ses joyeux lieutenants pour un second rappel, et cela malgré les acclamations d’un public déshydraté qui en veut encore… En revanche, c’est bien à nos côtés que nous le retrouvons, épaule contre épaule (plutôt contre coude) prenant lui aussi la sortie, comme tout le monde, d’une spontanéité éclatante – ou inquiétante, du point de vue du service de sécurité. Traversant la foule agglutinée devant les portes de l’International, le voilà qui disparaît, à pied, au bout de la rue Moret. Acte incroyable et pourtant si banal d’un artiste si grand et pourtant si proche.


(Un grand merci à Théo et à sa grosse fatigue pour m’avoir céder sa place ;) )

http://www.myspace.com/keziahjones
http://www.myspace.com/kukumusic
http://www.myspace.com/hepatitex

dimanche 11 juillet 2010

Angleterre / France : 2/1 !

Jeudi 24 juin dernier, la deuxième édition des soirées Want Some ? à la Maroquinerie accueillait notamment deux groupes pop-rock au potentiel débordant. Les anglais New Street Adventure essuyaient les plâtres avec brio, surfant sur la nouvelle vague pop british, et les Wankin’Noodles, bretons anglophones, révélés lors des transmusicales 2008, faisaient osciller entre plaisir et indigestion…

Lorsque les New Street Adventure montent sur scène c’est d’abord leur humilité que l’on remarque : ils sont là pour jouer leur musique, rien qu’elle, sans fioriture. Le trio anglais n’en est pas moins présent et le chanteur, Nick Corbin, profite souvent d’avoir le micro pour causer à son public, comme il le ferait avec un bon copain. Un public, somme toute, pas bien épais ! Et malgré cette salle presque vide, le charme opère… La fraicheur de leurs compositions, à la Jack Peñate des premières heures, a même raison de la vague de chaleur qui tente de s’emparer des lieux ! L’entrain qu’ils mettent à effectuer une pop aux morceaux courts et efficaces, où même les love songs ont droit à leur rythmique bien balancée, nous propulse vers un quelque part situé entre insouciance, mélancolie et adolescence, quelque part entre les sixties et aujourd’hui. Un vrai bon moment que les zappeurs de premières parties auront eu tort de négliger.

Lorsque les Wankin Noodles prennent le relais, la salle s’est remplie et le contraste des genres fait mouche… Le chanteur, sorte de tige à la bougeotte frénétique entonne le premier morceau et accroche son public dès la première note. L’énergie que dégage l’ensemble du groupe annonce une prestation qui en a dans le ventre. Mais on constate bien vite qu’il s’agit plutôt, pour eux, d’en « avoir dans le pantalon ». Adoptant des postures lascives de puceau en chaleur sans avoir le charisme suffisant pour les supporter, le chanteur abaisse alors le niveau du show, tel un châtiment du trop-vouloir-en-faire. Par ailleurs, son personnage donnant dans la provoc’ mégalo sans humour, semble finalement mépriser ceux à qui il s’adresse. En face, c’est naturellement l’antipathie qui gagne du terrain, malgré un dynamisme captivant. Cela expliquerait pourquoi ses bains de foule abusifs n’ont pas déchaîner grand chose, à part, peut-être, l’agacement de certains. Tous ces efforts égocentriques n’avaient pourtant pas lieu d’être… Le chant avait effectivement l’atout d’être soutenu par un trio de musiciens, impliqués dans le show et ne se privant pas de le montrer, faisant plus qu’assurer une mission d’accompagnement. De temps à autre, il aurait simplement fallu s’en souvenir, voire s’en rendre compte…
Ces deux concerts aux styles radicalement opposés, malgré la fibre rock qui les liait, ont prouvé ce soir là, une chose… De bons morceaux doublés d’une bonne énergie scénique ne sauraient se passer d’une attitude humble et reconnaissante envers le public… Qu’on se le dise, du nombrilisme ne découle pas le charisme !

http://www.myspace.com/newstreetadventure

http://www.myspace.com/wankinnoodles

lundi 31 mai 2010

Jupiter, une mise en orbite qui tombe à l’eau

En première partie de French Horn Rebellion au Point Ephemère, le duo mixte et franco-anglais Jupiter avait pourtant plus que leur nom pour nous faire voir les étoiles… L’écoute de leur electro-funk nous assure un joyeux plongeon dans les eighties et leur monde de synthés psychédéliques, tout simplement jouissif. Mais le 18 mai, dans le grand bain de la scène, les étoiles que nous avions dans la tête se noient une à une.

Installés l’un en face de l’autre devant un sound système mirobolant, les binômes montrent le plus souvent leur profil au public, un placement favorisant peu l’échange avec ce dernier. Et ce ne sont pas les quelques mots timides qui nous sont adressés par la chanteuse qui réchauffent l’ambiance : c’est d’ailleurs à se demander si nous parler ne la bassine pas… Voguant dans des salles comme le nouveau casino, la Flèche d’Or et l’Elysée Montmartre depuis plus d’un an et demi, on aurait espéré que le malaise du débutant aurait disparu. Pour Jupiter, c’était apparemment demander la lune.
Cette tiédeur aurait pu être pardonnée si, au moins ils avaient arboré un look faisant honneur au fun de leurs compos, mais que néni ! C’est malheureusement le style coincé bourgeois qu’ils ont choisi, comme si on en n’avait pas déjà eu assez avec John et Jehn.

Au bout d’une dizaine de minutes, au lieu d’être projetés dans la funky voie lactée, nous voici donc réduits à patauger dans un pédiluve sans vagues, attendant le groupe suivant, espérant qu’il ne nous déçoive pas autant. En bref, Jupiter acculé par son manque de présence n’a, aujourd’hui, clairement pas acquis la maturité suffisante pour faire du live. Souhaitons leur de grandir vite pour briller juste.

MySpace : www.myspace.com/wearejupiter

mardi 27 avril 2010

Le Sentier des Halles a trouvé le chemin du rock

Mardi dernier, c’est à guichet fermé que les groupes Redlight, Opium Baby et Junolips ont fait brailler la guitare au Sentier des Halles de Paris, cela devant un public visiblement ravi de prendre du gros rock en pleine tête…

La chauffe, c’est Redlight, le groupe marseillais, qui s’y colle, logique thermique finalement… Mais pour eux, peu importe l’endroit, ça bouillonne et ça se voit. C’est en flot tendu que Londres, le chanteur, déverse un chant courtisant un phrasé hip hop alternatif, le corps totalement aspiré par lui même, où seul le poing vient s’agiter autour d’un front tourmenté.
Pourtant, cette énergie concentrique provoque des effets secondaires. A trop regarder dans la même direction, les instruments finissent par se confondre. Quant à la voix, au timbre ténébreux que l’on imagine idéal pour du métal, ainsi posée sur ce rock électro testostéroné, elle ne fait que confirmer le ton sur ton général. L’effet bloc parvient tout de même à se diluer dès que la voix du batteur se fait entendre. Une contribution qu’il serait peut-être bon de revoir à la hausse… !

Opium Baby reprend le flambeau sans jamais l’affaiblir, exhibant illico une communion évidente entre les membres du groupe. Sans crier gare, Alan, au chant, nous sert des envolées radioheadesques planant sur des variations rythmiques bien senties et sur des mélodies recherchées seyant assurément au live. David, à la basse, nous clame quelques lyrics au mégaphone, un bonus plutôt sympa. On regrettera seulement que certaines originalités des compositions aient été poussées à dépasser le rang d’anecdote : traînant alors en longueur, plutôt que de faire durer le plaisir, elles y perdent en éclat… Et quand Thom York glisse vers Scorpion, ça peut faire mal !… Mais au final, on adore leur rock dance floor attisé par un Alan métamorphosé en David Guetta du rock : l’assemblée est conquise.

Le bouquet final est donc assuré par Junolips et au nombre de spectateurs ayant quitté prématurément les lieux, la mission n’était pas gagnée d’avance… Mais c’était ignorer la puissance fédératrice du groupe emmenée, au chant, par une boule de nerfs ne demandant qu’à exploser, j’ai nommé Nicolas Donarier. Un regard rageur animant un visage angélique, un corps parcouru par une électricité punk, ajoutez à cela une adresse naturelle et chaleureuse au public, que le style plaise ou pas, l’adhésion à la prestation live est tout simplement inévitable. Et puis, il n’y a pas à dire, lorsqu’il est bien écrit et déclamé avec la bonne énergie, le rock en français, ça marche aussi et ça fait du bien d’en voir la preuve.

En somme, même si l’ensemble de la soirée manquait peut-être un peu d’étincelles, chacun y est allé de son riff corrosif et de sa ligne de basse ardente, tapissant le tout de braises électro. Ce soir là, aucun doute, le Sentier des Halles a bel et bien pris feu.

lundi 5 avril 2010

Nosfell, l'expérience

Le soir du 27 mars, dans le cadre du festival Chorus, le Magic Mirror – scène éphémère installée sur le parvis de la Défense – accueillait les têtes d’affiche Nosfell et Izia précédées du groupe The bewitched Hands on the Top of our Heads. Si, si. Et si chacun d’eux nous a bien envoyé des décharges de rock, avec une patte et une ambiance propre, pas de doute, Nosfell pose la griffe bien plus haut…

Pierre Le Bourgeois au violoncelle et à la basse, et Orkhan Murat à la batterie sont venus assister le joyeux drille Nosfell pour près d'une heure d'un set pour le moins inhabituel...
D'abord, sans crier gare c'est l'hyper puissance de la grosse caisse qui vient nous percuter pour ensuite s'emparer de notre être tout entier. Puis le jeu enchanteur du violoncelle surgit pour nous tourmenter quand le coup de grâce nous est donné par Nosfell en personne. Ou plutôt tout en personnages…
Au fil de la représentation Nosfell joue effectivement de sa voix pour la panacher d'identités fortes, faisant alors dans la dissonance harmonieuse. Cette voix si douce, voire fragile, se mue en profondément sombre et écorchée pour bondir, ensuite, vers un hyper aiguë sautillant, laissant lui-même place à un grave agressif quasi métal qui, enfin, se renverse en divine diva. C’est indéniable, Nosfell nous livre là une performance vocale à la fois intime et éclatante de contrastes.
Mais la polyvalence de ce troubadour de l’expérimental ne se limite pas aux fluctuations de sa voix. En une heure de temps, il aura gratté les cordes de trois guitares différentes : les basiques sèche et électrique mais aussi la très folklo cigar box ! Le mélange des instruments, et notamment l’association peu commune du violoncelle à la guitare électrique et à la batterie, rend, sur scène, un son classique et rock pour le moins déstabilisant et carrément envoûtant. Quant à la rythmique, elle est orchestrée d’abord par une batterie dont les frappes syncopées tournent au tribal, mais également par un human beat claquant et grondant, enregistré en direct par Nosfell puis samplé, parfois enrichi et toujours entêtant.

Ce soir là, Nosfell et ses acolytes nous ont offert un voyage musical qui semblait aller au-delà des frontières terrestres mais qui, en réalité, nous a ramené au plus profond de nous-même, nous réconciliant alors avec un instinct purement réjouissant…
Expérimental, brut et sophistiqué à la fois, mais surtout inqualifiable, un live de Nosfell est tout simplement une expérience qu’il faut se donner la chance d’apprécier.
En bref : osez !

www.myspace.com/nosfell
www.nosfell.com

dimanche 28 mars 2010

French Pop Mission Internationale accomplie !

Lundi dernier, la scène de l’International se la jouait French Pop Mission ! You Call It a Name, Natas Loves You et BigMoneyMakers partageaient une affiche résolument rock. Avec plus ou moins 45 minutes de jeu chacun, ils ont eu le temps de nous délivrer un son décalé, jamais ordinaire…

Chacun armé d’un médiator, les trois chevelus barbus de You Call It a Name démarrent à froid. Si l’énergie dégagée par les deux guitares n’y est pas pour rien, c’est surtout la voix sombre et chaude du chanteur qui dicte l’ambiance. L’absence de batterie à laquelle on aura préféré un sound system, savamment disposé sur les restes d’un mannequin en cire, donnera pourtant une tonalité métallique à l’ensemble. C’est en réalité le créneau de You call It a Name : leur electro-rock s’amuse à manier les contrastes au gré des rythmes : chaud, froid, les deux à la fois, on ne sait plus trop mais on accepte de se laisser porter par le courant. Le chant obscure et languide surfe sur des riffs de guitares survoltés, les frôlant et s’y unissant pourtant si impeccablement. Ainsi chaque morceau se teinte singulièrement d’entrain comme de mélancolie, offrant alors un cachet bien particulier à leur assemblée, devenue remuante et médusée à la fois.
On regrettera simplement que les post-ado geek stylés aient été trop statiques, jouant un peu trop pour eux-même, sans presque jamais interagir, et partageant donc peu avec un public qui en aurait apprécié davantage.

Quelques dizaines de minutes plus tard, Natas Loves You nous téléporte dans une toute autre dimension. C’est encore le timbre de voix qui frappe, mais cette fois il est carrément céleste. Le groupe au total look dandy nous sert effectivement une pop psychédélique à laquelle il intègre des tonalités rock puissantes. Le mélange des genres est d’une efficacité redoutable d’autant que visuellement, chaque membre du groupe semble habité par les morceaux qu’il interprète, le chanteur allant jusqu’à se la jouer sensuel avec son micro. Et malgré une mise en scène parfois un peu surjouée, cela fonctionne, la salle désormais bondée se laisse volontiers convertir, comme hypnotisée, par ces musiciens au charisme mystique. Mais si l’on est autant charmé, c’est aussi grâce à une exécution carrée, hyper timée, de chacun des titres. Si tant est que ses membres se dérident, rien qu’un peu, pour communiquer davantage avec son auditoire, il est certain que Natas Loves You possède un réel potentiel de « groupe à minettes », le talent avec.

C’est avec BigMoneyMakers que le triptyque de la soirée s’achève. Sans nous ménager, la batterie claque et les guitares convulsent. Commence alors un set qui ne cessera d’être festif, emmené par un band very sympathique, et cela, même la moue boudeuse adoptée par le chanteur ne nous l’enlèvera pas ! Le groupe joue sans relâche des titres aux mélodies percutantes qui traîneront encore dans la tête le lendemain du show. Au fil des morceaux, les corps s’échauffent pour enfin trépider façon punk : avec les pieds qui démangent et le bras de micro qui valse. A la fin, c’est toute la scène qui semble avoir la bougeotte et on ne peut être qu’impressionné par la rythmique explosive d’un duo basse batterie solide et maîtrisé. Seul petit bémol, un guitariste si obnubilé par la technique de son jeu qu’il en oublie simplement de vivre le moment. Mais soyons sans crainte, il ne nous aura pas empêché de vivre le nôtre !

De 21h à minuit la French Pop Mission aura donc réussi à rassembler la foule devant de jeunes groupes qui auront balancé trois sauces aux goûts extrêmement différents mais toujours épicées rock ! Et même si les prestations manquaient parfois de maturité, nul doute que ces styles relevés viendront piquer de plus en plus d’oreilles…

www.myspace.com/youcallitaname
www.myspace.com/nataslovesyou
www.myspace.com/bigmoneymakersrock

vendredi 19 février 2010

Skip the Use passe l'entrée

Hier soir, Skip The Use est venu tanner la Maroquinerie de Paris devant un public prenant joyeusement de bonnes couleurs. Le petit groupe de rock lillois qui monte, qui monte a effectivement renoué, quelques dix ans plus tard, avec une des scènes qu'il avait fréquentée dans sa punk jeunesse. Il était heureux de la retrouver et l'a bien montré.

C'est après 40 minutes d'une première partie orchestrée par Ladylike Dragon, que la fine équipe de Skip the Use prend place. Et ce n'est pas peu dire. Pas d'intro, on rentre sans façon dans le vif du sujet et c'est tant mieux.
Voici donc les cinq garçons, portés à bout de bras tatoués par l'énergie d'un seul : Matt, le chanteur. En bon hyperactif, survitaminé de surcroît, celui-ci envahit l'espace de ses sauts, spasmes et cabrioles, auxquels le tee-shirt ne survivra qu'un morceau et demi. Toute cette agitation ne déstabilise pourtant pas une voix qui reste forte et claire, surfant parfois sur un style à la Damon Albarn - saupoudré d'accents nigga - dont ils ne cachent d'ailleurs pas l'influence, en reprenant Song 2 des Blur, au beau milieu du set, juste pour le fun.
Entre petits bains de foule et bisous transpirants aux chanceux du premier rang, Matt, ce petit rigolo nerveux nous clame son ska-punk festif au moins aussi remuant que lui, le tout en anglais et accompagné de ses fidèles compagnons qui, en comparaison (forcée) paraissent bien calmes malgré les lancés de dreads locks du bassiste.
On pourrait d'ailleurs se demander si une telle démonstration scénique ne nous ferait pas oublier la musique elle-même ! Mais non, c'est simplement qu'on est bien, là, à pomper tout ce carburant facilement assimilable par l'organisme. L'ensemble roule comme sur un skateboard et puis c'est tout.

En revanche après une heure de concert (et non, pas plus) on réalise que les morceaux se dégagent finalement mal les uns des autres... Au moins on ne pourra pas leur reprocher de ne pas avoir une griffe bien à eux, et une griffe qui file une claque !
En tous cas, en continuant sur cette voie, qu'ils nous rechargent à bloc ou bien qu'il nous exténuent, Skip the Use n'a plus que quelques portes à enfoncer avant de casser la baraque.


jeudi 10 décembre 2009

Casser du sucre sur Brokencandys ? Impossible !

Samedi 05 décembre, le tremplin Sounds Good a pris de l'avance et nous a offert notre premier cadeau de Noël: programmer le groupe electro/trip-hop Brokencandys au Cithéa Nova de Paris.
Cinq garçons, dont deux à la guitare, un à la basse, un à la batterie et un dernier aux platines ont, sans emphase, enflammé la scène d'un bar ultra-bondé. Mêlant des rythmes forts à des riffs de guitare éthérés, leur musique accomplit la prouesse de faire voyager un public vers de douces contrées, sans qu'il ne cesse de bouger ! En fin de prestation, l'électro de Brokencandys flirtant dangereusement avec des sons rocks, emmenait avec elle une assemblée totalement emballée. Étonnamment, c'est seulement la seconde fois que le groupe monte sur scène et c'est pourtant avec un grand naturel que chacun des membres occupe l'espace et communique avec le reste de la salle.
Après avoir fait une apparition sonore dans la matinale de Canal Plus, Brokencandys s'attaque pour de bon à la scène. Quelques autres dates pour gagner en maturité, quelques titres en plus pour être en mesure de faire des rappels et il n'est pas impossible que des gens comme Air, Wax Tailor ou autre Massive Attack aient du souci à se faire !










Album : Kitch is Fashion (03/2009)
MySpace : http://www.myspace.com/brokencandys

lundi 2 novembre 2009

District 9

De nos jours, en Afrique du Sud, l’agent Wikus van der Merwe en bon fonctionnaire obéissant de la MNU, société militaire privée, est missionné pour déloger les « non humain » du District 9. C’est dans l’urgence que ce camp de réfugiés, un peu particuliers, fut créé et confié à la MNU, 28 ans auparavant, pour accueillir ceux dont le vaisseau avait échoué entre deux airs de notre ciel. Les portes de celui-ci, cédant aux multiples assauts militaires, renfermaient en effet toute une population d'extraterrestres sous-nutris, à l'article de la mort. On découvrit, également à bord, un véritable arsenal qu'eux seuls pouvaient faire fonctionner ; une énigme génétique qui a toujours animé la convoitise de la MNU et de certains groupuscules dissidents sud-africains.
Mais la cohabitation inter-espèce est de plus en plus conflictuelle et la guerre civile n'est pas loin d'éclater. Pour éviter le pire, le gouvernement et la MNU organisent une évacuation "en règle" du District 9, vers un camp isolé et plus militarisé. Mais lors de sa mission, l'agent van der Merwe se retrouve par accident, au contact d'une subtance extra-terrestre. Après deux ou trois spasmes, il se pense sorti d'affaire mais le soulagement laisse vite place à l'effroi : ses gènes sont en pleine mutation. Le voici donc devenu l'être le plus intéressant du monde aux yeux de la MNU et des rebelles, l'enfer peut commencer...

Immerger le spectateur, dès le départ, dans un monde censé être le sien, à coup de vrais faux reportages-télé efficaces, aurait pu être une bonne idée. Cependant, mis devant le fait accompli par un développement voulu non assommant et qui s'avère au final trop brutal, celui-ci ne fait que subir cette datation originale. Toute la phase d'introduction en devient alors peu crédible et dessert l'empathie pourtant recherchée. Pas d'inquiétude, le cerveau, faisant bien ce qu'il veut, s'arrange de cette contrainte et pose l'action dans un temps inconnu qui lui permet d'apprécier la suite du film... Durant lequel, d'ailleurs, on sera forcé de noter que les aliens, aux allures de gambas désaffectées, ont été finement étudiés. Le choix de leur esthétique est si judicieux, que c'est étonnamment par ce biais-ci que se joue le réalisme des scènes.
Malgré un scénario plutôt faible, animé de fausses complications comme de véritables facilités, le spectateur est constamment tenu en haleine, au moyen d'une mise en scène rebondissante et colorée, et grâce à l'excellente performance de Sharlto Copley. L'acteur principal fait effectivement évoluer son personnage de façon imperceptible alors qu'il passe du blanc au noir :
l'employé heureux, voire niais, du début se métamorphose en animal acculé par la crainte, élaborant des réactions dont on l'aurait cru incapable, et cela, en toute cohérence.
En bref, voici un bon film de science-fiction dont la qualité divertissante est indéniable mais qui aura malheureusement dû bâcler sa fin pour convenir aux codes, pourtant éculés, des films d'action américains à gros budgets.

DISTRICT 9
Sortie le 16 septembre 2009
Réalisé par Neill Blomkamp
Avec Sharlto Copley, David James (II), Jason Cope
Long-métrage américain, néo-zélandais.
Genre : Science fiction
Durée : 1h50 min

mardi 20 octobre 2009

Prince - All Day, All Night

Conquis par le Grand Palais alors qu'il assiste au défilé Chanel mercredi 07 octobre, Prince se met en tête qu'il y donnerait bien une représentation ou deux... Une journée suffit alors pour tout organiser et le vendredi suivant, à 10h, les 11 000 places allant de 99€ à 149€ commencent à partir plus vite que des petits pains pour deux représentations, le dimanche 11 octobre, l'une à 17h00, l'autre à 22h00. Il intitulera le tout "All Day, All Night". 77 minutes plus tard, toutes les places sont vendues.

N'ayant pas eu, personnellement, le courage de me tapir dans les toilettes de l’édifice jusqu'à 22h, pour assister au second, tout ce qui suit concerne uniquement le premier show.
Arrivés à 13h40 avec mes acolytes (ouverture des portes à 15h30), nous avons eu, certes, le loisir d'admirer les talents de gruge par un Guillaume Canet scotché à son sandwich mais nous avons surtout pu mesurer physiquement l'engouement face à l'évènement : une heure avant l'ouverture des portes, le Grand Palais était complètement assiégé par une foule brassant trentenaires, quadra et quinqua.
Enfin arrivés sous la fameuse verrière, un léger brouillard de fumigène vient s'emparer de notre perception et donne le ton. Nous passons devant les quelques gradins, bien moins nombreux que nous ne l'avions imaginé et prenons place pour patienter encore une heure. Une bonne vingtaine de têtes déjà peuvent se compter entre la scène (qui semble un peu plus haute que les scènes standard...) et nous.
A 17h00, peu ou prou, la Star ne fait pas sa Diva et arrive sous les rugissements du public... Des lumières violettes, de chaque côté de la scène, attirent notre regard, les enceintes se mettent en branle, la tension monte et les musiciens sortent sous les applaudissements, suivis des choristes puis du Kid de Minneapolis déjà armé de sa guitare.

C'est sans attendre qu'il échange avec son public et lui fait répéter ce qui deviendra l'hymne de la soirée : "All day - All night - you could be my Baby - and I'll make you feel alright !" En même temps, Prince, en véritable maitre du son, commande les derniers réglages pour chaque instrument et c'est avec Why do you treat me so bad qu'il démarre le show.
Pendant 1h40 s'enchaînent alors de nombreux morceaux de la première époque, sans pour autant être les plus connus. Etonnamment, aucun titre du dernier album "Lotus Flower" n'est joué lorsque l'on aurait pourtant bien entendu le funky Feel good, feel better, feel wonderful. De récent, Prince n'aura en fait choisi que deux morceaux de son album "Planet Earth" (l'avant-dernier) : Guitar, à l'intro totalement électrisante, et The one u wanna C, aux accents country. Le groupe emmené par une star toujours souriante et détendue s'est également fait quelques plaisirs en reprenant, tels des interludes, des classiques disco et funk comme Le Freak de Chic ou Shake your body des Jacksons. La reprise la plus surprenante fut celle du titre What have you done for me lately, de Janet Jackson, dont ils ont réussi à ôter l'esprit synthé des années 90. Au milieu du concert, Prince offre à son groupe quelques instants de repos bien mérités et occupe la scène à lui seul pour nous livrer deux ballades dont la magnifique Sometimes it snows in April qui nous donne alors l'occasion d'apprécier l'étendue de ses capacité vocales, passant du castrat au baryton. Très naturellement, c'est du public connaisseur que proviennent les chœurs, comme susurrés, derrière la voix du soliste ; l’ensemble est juste sublime.
Ne se privant pas de s'adresser à l'assemblée dès que ça lui chante, Prince fait de ce concert un moment intime en faisant preuve d'une générosité qui contraste avec l'image narcissique qu'on peut lui prêter parfois. Le public assiste alors non plus au show d'une méga star mais au concert d'un artiste funky qui s'éclate simplement sur scène.

En revanche, malgré tout cet enthousiasme, on est bien obligé d'avouer que Le Grand Palais n'est définitivement pas un endroit adéquat pour les concerts : la magnifique architecture ne ravit effectivement pas aussi bien les oreilles que les yeux ! Et les savants réglages opérés par Prince lui-même n'ont rien pu faire contre l'effet cathédral sur le rendu acoustique : les aigus s'éparpillent et les basses sont brimées...
Par ailleurs si l'arrivée de l'artiste sur scène a véritablement emballé l'assemblée, une bonne part de celle-ci s'est vu ensuite prise d'une inertie incompréhensible, heureusement interrompue par les sporadiques "clap your hands" ordonnés par un Prince allant jusqu'à lâcher la guitare, entre deux accords, pour y joindre le geste ! Le public n'était manifestement pas composé en majorité de fans : l'annonce du concert surprise, dans ce lieu prestigieux, semble avoir malheureusement attiré une foule de chasseur de "place to be" plutôt coincés! Une circonstance atténuante pourrait néanmoins jouer en leur faveur : la lumière du jour présente tout du long a pu en inhiber certains et expliquerait, peut-être, cet immobilisme latent, indigne de la prestation qui se jouait devant nous.


Au final, tout ce talent concentré dans un seul homme, pourtant si proche de son public, aura eu raison des quelques bémols énoncés précédemment et qui sont, en réalité, à imputer à la soudaineté de l'évènement. Soudaineté qui révèle, chez Prince, une spontanéité qui se fait, avouons-le, de plus en plus rare chez les artistes de son envergure. Chapeau bas.

La playlist :

-Why do U treat me so bad
-I feel for U
-1999
-Take me with U
-Le Freak (Chic)
-Play that funky music (Wild Cherry)
-Controversy
-The one u wanna c
-(Balade non identifiée)
-Sometimes it's snows in April
-Guitar
-Let's work
-Rasperry Beret
-c-o-o-l
-I could never take the place of your man
-All the critics love U in "Paris"

1er rappel:
-Kiss
-Shake your Body (Let's dance, let's shout)
-What have u done for me lately

2ème rappel:
-Cream
-U got the look

dimanche 4 octobre 2009

Vogue Covers

Jeudi 01 octobre, le magazine Vogue créait l'extra-événement de la semaine. En cette date stratégique qui rimait avec le premier jour de la fashion week de Paris, l'inauguration de l'exposition Vogue Covers sur l'avenue des Champs-Élysées allait faire manquer le défilé printemps été 2010 Nina Ricci à Peter Lindbergh, Patrick Demarchelier, Carine Roitfeld et Daria Werbowi !
Mais c'était bien là, en plein air, que le défilé le plus intéressant avait lieu : celui des 80 couvertures les plus marquantes de Vogue parues depuis la naissance du célèbre magazine, en 1920.

Dans une installation simple mais efficace, à la manière d'un mannequin, le visiteur déambule sur les Champs-Élysées comme sur un podium; de chaque côté les covers l'observent, tels les privilégiés de la front row, et une fois arrivé au bout, il tourne irrémédiablement les talons pour faire chemin inverse et se montrer aux versos des covers déjà croisées qui lui dévoilent de nouveaux visages.

Tour à tour corrosives, féministes ou provoquantes mais toujours esthétiques, engagées et témoins d'une époque, ayant sollicité le talent de nombreux grands artistes - tels que Chagall, Benito, Robert Doisneau, David Hockney, Joan Miró, Andy Warhol ou encore Salvador Dali - pour illustrer leurs points de vue, ces couvertures nous offrent alors un voyage dans une France oubliée, parfois ignorée, et cela durant quelques centaines de mètres, en nous rappelant que la voix de la mode et son influence n'ont jamais été réellement futiles, en nous apprenant que sous le régime de Vichy, en signe de contestation, le magazine n'est pas paru et en nous faisant finalement regretter le souffle de rébellion qui animait le Vogue il n'y a pas si longtemps et qui, aujourd'hui, tend à s'effacer pour faire la part belle aux paillettes...


Du 1er octobre au 1er novembre 2009
Avenue des Champs Elysées, Paris
Entrée libre